le 22/5/2012 20:24:09
Le Président du Parti Socialiste Grec (PASOK) Monsieur
Evangelos Venizelos suite à sa rencontre avec le Président de la République
Française Monsieur François Hollande il a fait la déclaration suivante à des
journalistes Grecs:
Paris, 22 Mai 2012
«Avec le président François Hollande nous partageons les
mêmes valeurs, nous appartenons à la grande famille des socialistes européens.
Il est par conséquent tout à fait naturel et même indispensable de discuter
ensemble et en profondeur de la situationdans l’Union Européenne, dans la zone
euro et bien entendu de la situation en Grèce. François Hollande s’intéresse
réellement à la Grèce et veut aider. Il veut bien sûr aider dans le cadre des
institutions européennes et des sensibilités politiques. Moi je tenais à lui
exposer ma proposition complète telle que je l’ai présenté hier à Athènes, pour
la révision des conditions défavorables des emprunts qui posent désormais des
problèmes aux citoyens, à la société et à la croissance. Il s’agit des points
que nous avions défendus lors d’âpres négociations. Nous n’avions pas gagner ou
nous n’avions pas tout gagner parce qu’alors nous n’avions pas atteint le point
où nous nous trouvons actuellement, nous n’avions pas les acquis actuels :
réduction du déficit public, baisse des taux et encaissement d’une tranche de
150 milliards du prêt et donc nous devions évaluer les faits et accepter des
compromis afin d’obtenir ce que nous voulions, de garantir leur viabilité et de
faire un grand pas vers l’indépendance vis à vis du mémorandum.
La proposition que j’ai soumise à M. Hollande porte sur des
questions concrètes qu’il a écouté avec une grande attention et je suis certain
qu’il a ainsi pu se faire une idée très précise de ce qu’il se passe en Grèce,
comment la crise économique s’est transformée en crise politique et sociale,
que doit faire le Conseil Européen demain lors de la discussion sur la question
grecque et je veux espérer que la compréhension plus claire qui est ressortie
de notre discussion aidera le pays.
Je veux attendre sa propre proposition car je ne suis pas
autorisé à parler en son nom, mais je peux en vous parlant et avec votre aide
m’adresser aux citoyens Grecs et leur dire que lorsque nous présentons des
propositions précises et responsables, même si ces propositions sont radicales,
elles sont comprises et peuvent être avancées, si nous agissons dans le cadre
institutionnel de l’Europe et si nous convainquons nos partenaires de notre
responsabilité, de notre compréhension de la situation réelle non seulement en
Grèce mais aussi dans les secteurs économiques internationaux et je pense que
ces points sont réunis dans la proposition que le PASOK a présentée.
Il est important que la période d’ajustement budgétaire soit
allongée d’un, deux voire trois ans, il suffit de trouver un schéma de
financement. Il est important de faire comprendre que les citoyens Grecs ne
peuvent plus accepter de baisses de revenus, salaires et retraites, parce que
nous devons soutenir la demande. Il est important de faire comprendre que les
conventions collectives et le marché du travail doivent fonctionner en Grèce
comme elles fonctionnent dans toute l’Union Européenne.
Enfin, il est important que le mécanisme de soutien de la
croissance soit actionné et que nous passions de la parole aux actes. Parce que
les déclarations du Conseil Européen ne suffisent plus, il faut que l’Union
Européenne et la Banque Européenne d’Investissements aident à valoriser les
fonds existants comme je l’ai précisément décrit dans une lettre adressée à M.
Barroso il y a quelques semaines avant les élections du mois de mai.
Il est extrêmement important que les 50 milliards
disponibles de l’emprunt circulent sur les marchés, dans les entreprises, pour
la création d’emplois, pour de nouveaux investissements, pour aider les
chômeurs. Il est important que des projets d’infrastructures soient débloqués,
publics ou privés, d’une valeur totale de 55 milliards et qui sont gelés à
cause de l’incapacité, ces dernières années, du système bancaire d’aider en
raison de sa propre faiblesse.
Il est très important que les fonds communautaires soient
valorisés pour lutter contre le chômage des jeunes avec des programmes en
faveur de l’entrepreunariat, pour l’autogestion des Communes, pour le travail
d’intérêt général, pour l’entrepreunariat chez les jeunes. Toutes ces mesures
changent le climat. Toutes ces mesures relâcheront la tension que ressent le
citoyen Grec. Parce qu’il n’y a aucun doute que nous avons déjà accompli la
plus grande partie de la route, mais les sacrifices et les pressions sont trop
grandes.
La société grecque ne supporte plus facilement de continuer,
elle veut sentir qu’il existe un cadre plus doux, plus convivial, mais sûr, au
sein de l’Europe, au sein de l’euro. Cependant il ne suffit pas de dire que tu
es pour l’euro et l’Europe. Quand tes propositions sont téméraires, sont
populistes, sont irresponsables, ne sont pas étayées, tu ne peux pas convaincre
la communauté internationale, tu ne peux convaincre des gouvernements, les
Parlements, les partis, les autres peuples.
C’est pourquoi il est extrêmement important de pouvoir
convaincre au nom du peuple grec l’Union Européenne et la communauté
internationale, qu’un plan existe et que existent des hommes qui peuvent le
mettre en œuvre et le conduire à terme pour le bien de la Grèce et
naturellement pour le bien de l’Europe.
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